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La réunion est ouverte par Paul Quilès qui en rappelle l’objectif : faire apparaître l’importance de la bataille des mots au sein du champ médiatique, des luttes qui s’y jouent entre différentes représentations du monde et des intérêts de celles et ceux qui y participent. Cette pensée critique du fonctionnement et des enjeux des « médias » correspond à l’objectif de Gauche Avenir : proposer une base idéologique à la fois fidèle à l’histoire de la gauche et capable de relever les défis de ce début de siècle.
Patrick Champagne qui préside cette table ronde, rappelle cette idée banale mais qu’il estime pourtant souvent oubliée : en démocratie, la lutte politique est également une lutte symbolique, une lutte où chaque camp essaye d’imposer ses propres mots. La dernière élection présidentielle l’a illustré : des « officines » se sont spécialisées dans des techniques de persuasion visant à imposer des visions du monde. La défaite électorale du PS démontre un déficit sur ce point et justifie pour la gauche une réflexion idéologique appropriée.
Alain Bihr s’est livré dans son ouvrage « la novlangue néo-libérale » à une déconstruction du discours néo-libéral, ce discours justificateur qui travaille et déforme le langage. Un certain nombre de mots relativement banals deviennent des mots-valise dont le contraire est « passé en contrebande » (la « liberté » devient esclavage, « l’égalité » est limitée à la seule sphère politique) ou des mots-écran qui font obstacle à leur propre contraire (la notion de « dette publique » occulte la notion de « créanciers publics » qui s’enrichissent en prêtant de l’argent à l’Etat au détriment de possibles hausses d’impôts décidées par ce dernier). Cette double rhétorique d’inversion et d’occultation du sens peut dévoiler son essence au travers du recours à la notion marxienne de fétichisme économique, la marchandise, l’argent, le capital étant autant de rapports sociaux déifiés auxquels les hommes doivent se sacrifier. L’expression de « désenvoutement » pour qualifier cette rencontre apparaît ainsi particulièrement bien adaptée…






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